A Lhassa, nous avons mis nos pas dans ceux des millions de pèlerins qui, à travers les âges, ont gravi les marches de ce lieu mythique.

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Les hauts murs du Potala abritent un immense labyrinthe fait de chapelles, bureaux, habitations, tombeaux... Il règne une atmosphère mystérieuse, un peu magique, dans ces successions de pièces multicolores.

La visite nous fait passer par la salle d’audience du Dalaï-Lama où les coussins l’attendent encore, puis dans les petites salles de travail, une salle d’audience privée, une pièce où il peut se retirer pour méditer... Les salles sont décorées d’innombrables tentures, peintures et sculptures ; pas un recoin n’est oublié, pas un détail laissé au hasard. Les salles étant petites, le plafond bas et la lumière très filtrée, on a presque une impression de confinement.

Et puis soudain, après quelques méandres de couloirs, on découvre les tombeaux des précédents Dalaï-Lama. La pièce n’est pas beaucoup plus large, mais le plafond s’envole et se perd dans l’obscurité. Ici, plus de tentures, mais de la pierre, de l’or… et « des » pierres. Les tombeaux sont couverts d’or et de pierres précieuses. Le plus beau (celui du 5ème Dalaï-Lama) est fait de 3700 tonnes d’or et 10.000 pierres (si, si, je vous assure !). L’une des tombes est plus petite que les autres. Le Dalaï-Lama qui y est enterré est mort à l’âge de 10 ans, et pas forcément de mort naturelle… le pouvoir fait toujours des envieux...

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Dans le Potala sont gardés des mandalas qui représentent des palais célestes. Ce sont comme de grandes maquettes de magnifiques palais, en or. Les mandalas sont des « supports » de prière qui peuvent aider le pratiquant dans sa méditation. (Ces notions sont un peu compliquées pour moi, je ne tenterai pas de vous expliquer !) Tout le monde n’a pas la capacité de créer un mandala. Les Dalaï-Lama le peuvent. Ils ont l’inspiration divine et dirigent le travail des artistes qui le fabriquent.

On voit aussi des chapelles où sont gardées des statues représentant les différents dieux ainsi que des reliques d’hommes saints. J’ai été étonnée de la configuration de ces chapelles. Ce sont de grands couloirs et l’on passe devant une enfilade de magnifiques statues. On peut faire brûler de l’encens ou des bougies devant les statues, mais il n’y a pas de place pour des coussins ou des moines pourraient prier. Notre guide m’a dit que ce ne sont pas des chapelles où l’on prie comme dans les églises chrétiennes, mais seulement des lieux où l’on garde la mémoire des dieux. Toutes les prières des moines se déroulent dans une immense salle consacrée à cet usage.

Cette grande salle des assemblées de prières est magnifique. Là encore, chaque pan de mur, chaque pilier est décoré de fresques, de frises ou de tentures. Au sol, les coussins des moines en tissu safran. Une douce lumière tombe des hautes fenêtres, préservant l’atmosphère de recueillement. Un formidable bouddha d’or veille sur les lieux. L’air est chargé du parfum de l’encens…

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J’ai été très impressionnée par cette visite. Le Potala est un lieu envoûtant, magnifique, mais aussi surprenant et mystérieux… Il est bien difficile de vous le décrire ce style mi-chinois mi-indien (Les artistes étaient tibétains ou népalais.)  Ce serait mieux avec des photos, mais elles sont interdites.

Il faut d’ailleurs montrer patte blanche pour entrer dans le Potala. D’abord, la veille, on prend rendez-vous pour la visite, en présentant son passeport et le permis de séjour au Tibet. Puis le jour dit, il faut arriver un peu en avance. A la caisse, il faut à nouveau présenter son passeport, un peu plus loin on passe sous un portique de détection et les bagages sont scannés… La visite dure une heure, pas plus…

Alors durant cette heure accordée, ouvrez-les yeux bien grand !

Bons baisers de Canton,

Les Chinoisiers

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