Quand notre guide nous a parlé de cette visite, j’ai flairé le piège à touristes. (Qui n’a pas connu les passages obligés dans les magasins à touristes.) Nous y sommes allés malgré tout. Eh bien… ce n’était pas un piège, loin de là ! Cela a été une belle occasion de découverte et de rencontres.

Il s’agit d’une fabrique (non automatisée) de tapis. Toutes les étapes se font de façon traditionnelle, à la main. Les visiteurs peuvent venir quand ils veulent pour découvrir le travail des ouvriers. Pas besoin de rendez-vous, et le patron ne se plaint pas si les visiteurs ralentissent les cadences.

Et quand trois français poussent à l’improviste la porte d’un atelier de cardage et filage, la cadence en prend un sacré coup ! Les ouvrières nous ont offert de leur thé, ont partagé avec nous leurs snacks (des patates en robe des champs). J’étais presque embarrassée par tant de  générosité et regrettais d’être arrivée les mains vides. Nous avons pris des photos, posé plein de questions… et j’ai appris à filer de la laine avec un rouet ! (Je vous l’ai dit, mes meilleurs souvenirs de voyage sont ces apprentissages.)

apprentissage

Pour l’anecdote, le thé était salé (cela surprend au début, mais j’aime bien).

Donc dans le premier atelier, les ouvrières préparent la laine. Un premier « débourrage» ...

D_bourrage

... puis le cardage en deux étapes successives avec deux grosses brosses plates comme on en voyait en France autrefois.

Cardage

Puis le filage en 2 étapes également pour obtenir un fil régulier. Chaque ouvrière a un numéro qui suit son ouvrage, notamment pour les contrôles qualité ultérieurs.

Filage

Dans l’atelier suivant, nous voyons la fabrication des tapis proprement dite. (Nous ne verrons pas la teinture qui a lieu 15 jours par mois, et pas  ce jour-là.)

Pelotes_teint_es

Sur un des métiers deux hommes préparent une trame. Sur les autres, les ouvriers, par équipes de deux, suivent leur modèle avec une rapidité impressionnante. Leurs doigts sont abîmés par le frottement de la laine, et à voir les déformations des phalanges on imagine les douleurs subies lors de l’apprentissage.

Tissage

Nous demandons le prix d’une carpette…  alors le chef d’atelier nous ouvre la boutique. Pour vous faire une idée : il faut deux mois aux deux ouvriers pour faire deux carpettes assorties. La carpette coûte 4.500 Rmb environ (cela dépend des motifs). Un ouvrier tapissier touche entre 600 et 700 Rmb par mois (9 heures de travail par jour, 6 jours par semaine.)

Nous avons quitté l’atelier dans le soleil clair de l’après-midi, la tête pleine de couleurs et des sourires de nos hôtes.

Bons baisers de Canton,

Les Chinoisiers

PS - Absorbés par la visite, nous n'avons même pas pris de photos des magnifiques tapis !

carpet_factory